-Armelle ! Dépêche toi enfin !
C'était le jour de mes 15 ans, avec mes amies, Anna et Mélody, nous devions faire une virée au Parc Astérix. Pour un dimanche d'Avril, le soleil brillait aisément dans le ciel, quelques nuages blancs l'occultaient parfois laissant une brise d'air frais nous caresser gentiment. Maman klaxonnait dans la voiture tandis qu'à l'intérieur, je me remettais un peu de gloss. A l'époque je me croyais parfaite, j'étais ce que je qualifierais aujourd'hui de pouffe. Je fonçai alors rejoindre ma mère et mes amies dans la voiture. La journée s'est déroulée à merveille. Vers 17h, il a commencé à pleuvoir, nous avons donc couru nous abriter. Sauf que...
-AÏE !!!
-Oh peuwdon mademwoiselle !
Le jeune homme releva mon visage, ses traits je ne les oublierai jamais : un nez fin, des yeux noirs charbon, une bouche fine qui libérait un léger accent... Il m'a aidé à me relever. Ses cheveux noirs corbeau trempés de gel étaient maintenant ruisselant d'eau. Je n'arrivais pas à parler. Son jean lui allait si bien, il m'a semblé qu'il n'avait rien sous son gilet. En m'aidant à me relever, je pû apercevoir un tatouage sur son bas ventre. J'en fus de plus renversée.
-Je swui désowlé... ça va aller ?
Derrière lui, Melody et Anna semblaient effarées. En réponse, je hachai rapidement la tête ce qui les fit éclater de rire --' Soudain une voix s'éleva :
-Hey Pete ! Dépêche, on va louper le train pour Panam' !
Le jeune homme me regarda alors dans les yeux et me dit :
-Je dois pawtir. Encow désowlé.
Il regarda alors nos mains qui coppulaient encore et je les lâchai immédiatement le laissant partir. Je me figurais qu'autour de moi, tout s'était arrêter : manèges, cris, pluie... Non, celle-là m'extirpa bien vite de ma fantaisie et je rejoignis mes amies. A la vue de mon regard elles se turent et nous attendîmes silencieusement ma mère...
-Armelle, tes amies t'attendent !
Ce jour-là, mes amies m'avaient traînée de force à un cours de gym durant le second semestre. Une semaine avait passé depuis l'incident du Parc Astérix. Personne n'en avait reparlé, à vrai dire je ne parlais quasiment plus.
Je retrouvai alors mes amies et nous allâmes à ce fichu cours. J'arrivai et c'était bourré de mini poupée Barbie qui s'échauffaient en pouffant. Le prof n'était pas encore là. Anna en profita que ce dernier était nouveau en raison sur second semestre. L'attente commençait à se faire longue quand soudain :
-Désowlé, je me swuis pewduuuu...
Oh, cette voix, je la connaissais, cet accent... Je me retournai et là, je vis, ce brun aux yeux de braise. Nos regards se croisèrent. Un instant passa et je vis un sourire se dessiner sur ses lèvres. Il s'avança alors vers nous, ses paupières noires nous toisant. Il ressemblait à l'Ange de la Mort. Certaines filles, effrayées ou intolérantes face à l'allure de cet homme ténébreux sortirent de la salle. D'autres, les deux qui restaient, regardaient encore mais s'en allèrent bien vite aussi.
-Oh... Il n'y a plus que nous. Un cours à quatre c'est plus simple. Je me présente, je m'appelle...
-...Pete... soufflais-je inconsciemment.
Il me regarda et me souris à nouveau. Le cours pu commencer. Il nous apprit à faire la roue pendant toute l'heure. J'étais tellement sonnée que je ne faisais que de me casser la figure. A la fin du cours, les filles durent me pousser pour que je quitte la salle.
-Partez sans moi... j'aimerais rester seule...
-Ok... souffla Anna.
-T'es space... conclut Mélody avant de s'en retourner avec Anna.
Je soufflai alors. Mais que m'arrivait-il ? Une semaine que je ne mangeais plus, que je ne parlais plus. Depuis ma rencontre avec ce type, j'étais passée et phase d'identification. Le rose pouffiasse que j'arborais avec fierté avait coulé pour laisser place au noir, au noir, que ça, que du noir. Je broyais du noir. Depuis cette rencontre, je ressentais un manque. D'affection, certes, mais d'autre chose...
Je voulu alors appeler ma mère mais j'avais oublié mon sac. Je redescendis à la salle et toquai à la porte :
-Oui ?